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Laure Baste-Morand a fondé
« le Verlan », association de réinsertion de
sortants de prison, et a été présidente de
l'Association Nationale des Visiteurs de Prison.
Forte de cette expérience, elle est la mieux placée pour
parler des difficultés que connaissent les détenus et les
personnes qui, dans la prison, tentent de les aider. Elle propose aussi
des solutions qui pourraient permettre aux femmes et aux hommes de
sortir de prison moins détruits que lorsqu'ils y sont
entrés.
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Compte rendu de cette conférence de l'UPT :
Laure Baste-Morand, ancienne présidente de
l'association des visiteurs de prison et Claude Kater-Faugeron
sociologue et ancienne chercheuse au CNRS ont dialogué devant et
avec un public d'une vingtaine de personnes sur un thème
qu'elles maîtrisent parfaitement l'une et l'autre : les prisons
françaises.
Cette conférence-débat faisait suite à celle de M.
Ph. Combessie, sociologue qui avait eu lieu fin mai 2005. Son point de
vue était social et juridique : la société et la
prison, alors que celui des intervenantes de ce
soir était orienté sur la vie en prison au quotidien.
Laure Baste-Morand a d'abord retracé à grand traits sa
carrière de bénévole au service des populations
incarcérées. Répondant au passage aux questions
pourquoi et comment on devient visiteur de prison, elle a montré
combien le "placard" pénitentiaire tel qu'il fonctionne
aujourd'hui ne rend service ni à la société,
qui paie relativement cher pour assurer son fonctionnement, ni aux
incarcérés qui ont une chance infime de s'amender en
prison pour retourner à leur sortie vers une vie "normale".
Laure a souligné combien il est difficile pour un détenu
d'admettre sa responsabilité, premier pas vers une
réinsertion véritable, quand il est habité par un
sentiment d'injustice. Le poids des peines dépend trop souvent
des circonstances du jugement, du contexte historique pénal, de
l'attitude du prévenu, de la ville ou de la région dans
laquelle le verdict est rendu etc.
Souvent les détenus ne trouvent en prison que peu de moyens de
s'amender : pas de travail, peu de possibilité d'études.
En prison le mépris entre les catégories de
délinquants et la méfiance entre co-détenus sont
les sentiments les plus répandus quand ce n'est pas la haine,
qui découle bien souvent de la promiscuité.
La vie en prison n'est donc le plus souvent qu'une survie.
Alors que faire ? L. B-M préconise, bien sûr, plus
d'éducation en prison et de prévention au dehors. Claude
Kater rappelle que depuis quelques années le nombre et la
durée des peines de prison ne cesse d'augmenter
ce qui rend encore plus difficile la tâche des fonctionnaires
pénitentiaires et des bénévoles.
Par ailleurs le budget de la justice, même s'il s'est un peu
accru, n'est pas sans limites. La prison pourra assumer la plus noble
de ses tâches : l'amendement des condamnés et leur retour
à la vie normale, lorsqu'elle sera moins encombrée par
les très courtes et les très longues peines. Il existe
des alternatives à la prison.
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